Les dates de péremption

dates de peremption

Alors que certains ne prêtent guère d’importance aux dates limites des aliments, beaucoup de consommateurs sont très inquiets pour leur santé si jamais les six petits chiffres représentés sur les emballages des produits alimentaires sont dépassés. “Périmé“ ne veux pas forcément dire inconsommable…

Ces mentions constituent-elles réellement les barrières sanitaires promises ? Les industriels sont-ils pieds et poings liés par les dates limites de consommations (DLC) ? Un gâchis inimaginable est constaté dans les grandes chaînes de supermarchés, qui jettent les produits dès qu’ils atteignent un ou deux jours de “trop“. Ainsi il existe des individus qui, au crépuscule, sortent de chez eux afin de faire leurs emplettes dans les poubelles des chaînes de grands magasins. Les industriels mettent tout en œuvre afin d’éviter ce type d’intrusion, car en cas d’intoxication alimentaire, leur responsabilité serait engagée.

Depuis quand existe les dates de péremption ?

Aujourd’hui, le code de la consommation stipule que tous les produits pré-emballés doivent comporter une date de péremption. Comment faisaient nos ancêtres ? Tout simplement en achetant au jour le jour. Pas besoin de date : le poisson était consommé le jour de pêche, et le pain rassis finissait en pain perdu.
C’est à la fin de la seconde guerre mondiale que nous sommes passés dans la société de consommation ; une nouvelle société où « le temps, c’est de l’argent ». Seulement voilà, nous manquons de temps.
Pour combler ce manque, la révolution industrielle invente le réfrigérateur. Puis rapidement vient le supermarché, lieu de sortie attrayante pour la ménagère. Toutes leurs courses réunies dans un seul et même endroit. ROYAL !
C’est en 1968 que l’enseigne Casino propose pour la premières fois aux consommateurs français la Date Limite de Vente (DLV). Le magasin vend son image “fraicheur“, qui se rend indispensable au fur-et-à-mesure que les années passent. Et c’est en 1984 que l’État se préoccupe de ces nouvelles “normes“, introduites par les magasins. En 2004, la réglementation devient commune à toute l’Europe.

Qui détermine ces dates de péremption ?

Aujourd’hui, 75% des consommateurs regardent les dates de péremption au moment des courses. Mais savez-vous bien interpréter ce qu’elles signifient ?
Il existe deux catégories de date de péremption : « à consommer avant », ou « à consommer de préférence avant ».
Le premier est une date impérative. On l’appel DLC, et ici, les produits concernés sont ceux qui représentent un danger immédiat pour la santé comme : les produits laitiers, les viandes, les poissons frais ou encore tout ce qui contient des œufs. Ce sont des produits “périssables“.
Dans la deuxième catégorie (les produits “non périssables“), sont concernés les diverses conserves, tous les produits secs ou surgelés. Ce sont des produits “stabilisés“, qui ne représentent pas de danger pour la santé, et ce même très longtemps après la date limite. D’ailleurs cette date est appelée DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale). Elle n’est qu’indicative car une fois dépassée, le produit ne sera pas dangereux pour la santé, mais risque de ne plus garantir la qualité organoleptique (le goût ou l’aspect de la marchandise).
La réglementation est très permissive. Les industriels sont libres d’imposer la DLC ou la DLUO qu’ils souhaitent. Certes, elle responsabilise ces grandes multinationales, mais en même temps cela pose le doute chez le consommateur, car effectivement, nous ne savons pas précisément comment sont établies ces dates.

Quels sont les critères de la DLC ?

C’est une sécurité. Si les conditions sont respectées, jusqu’à la date indiquée, les aliments ne représentent aucun danger pour votre santé. Une fois la date passée, le risque de voir subvenir un danger augmente, mais certains produits peuvent amplement être consommés au-delà de la DLC ou de la DLUO sans courir le risque de tomber malade par la suite. À l’inverse, tomber malade avec un produit “consommable“ est tout à fait plausible, simplement parce qu’il peut y avoir des incidents qui engendrent des contaminations, comme le non-respect de la chaine du froid par exemple.
Ce qui nous rend malade ne se voit pas. Ces bactéries se retrouvent un peu partout autour de nous : dans la terre, dans les airs, sur les bottes des éleveurs, sur les caisses de transports ou encore sur les machines des industries. Même si ces industries mettent tout en place pour éviter la contamination, il n’en demeure pas moins vrai que le risque zéro n’existe pas.
La DLC est calculée en estimant une contamination maximum prévisible. Mais sur 100 produits, il est possible qu’il y en ait un qui soit contaminé.

Les fabricants n’en abusent-ils pas ?

L’industrie agroalimentaire n’a jamais été aussi stricte en matière d’hygiène et de sécurité, ce qui est censé rallonger la durée de vie des produits. Pourtant, au nom d’une présumée santé alimentaire, les DLC continuent d’être abaissées, alors que cela devrait-être l’inverse.
Avoir une DLC qui prend fin rapidement a pour conséquence le retour rapide des consommateurs à venir acheter régulièrement des produits périssables, de peur qu’ils ne se conservent pas suffisamment longtemps. Au lieu de venir une fois par mois pour acheter des denrées qui peuvent tenir sur cette période, les industriels créés des DLC d’environ une semaine, afin de pérenniser la dépendance des clients dans leur supermarché.
Parle-t-on encore de l’intérêt des consommateurs, ou de celui du fabricant ?
La sécurité sanitaire aurait perdu tout sens face à un marketing devenu proéminent.

Nouvelle politique de péremption

Le but ultime est de vendre des produits frais, qui se vendent mieux et souvent plus chers. Parfois, beaucoup d’aliments sont jetés à la poubelle ne pouvant plus représenter l’aspect “fraicheur“ tant désiré des consommateurs.
Depuis quelques années, la lutte contre le gaspillage est une des nombreuses batailles de l’État, et de l’Europe. Pour les professionnels, la DLC est en premier lieu une date limite de vente. Une fois celle-ci dépassée, le produit est censé être détruit.
Mais les magasins augmentent leurs efforts dans une politique de zéro gâchis. Plutôt que d’être jetés, les aliments approchant la DLC sont regroupés et vendus à moitié prix.
Depuis le 21 mai 2015, il est interdit aux distributeurs du secteur alimentaire de « rendre leurs invendus impropres à la consommation ». En effet, certains magasins se permettaient de verser de l’eau de Javel sur les produits périmés, afin de dissuader les individus de se servir “gratuitement“. Désormais, le gaspillage est strictement interdit et pour cela, tous les invendus devront être utilisés à travers des dons pour des personnes dans le besoin, dans l’alimentation animale, dans le compost pour l’agriculture ou encore dans la valorisation énergétique…
Par an, le gaspillage alimentaire représente 750 000 tonnes de nourriture.
Tout le monde y trouve son compte. Aussi bien les grands magasins, qui avaient prévu de les jeter, que les consommateurs qui réduisent leurs factures.

Les produits de longue conservation font peur.
Il est indéniable que l’hygiène alimentaire n’a fait que s’améliorer d’année en année, et les dates y sont pour beaucoup, mais elles sont devenues le symbole d’un système économique qui croule sous ses propres paradoxes.
La date de péremption est tantôt un dégagement de responsabilité, tantôt une machine à faire marcher l’économie. Elle n’est pas vraiment une date limite de consommation. Alors pourquoi ne pas réhabiliter la date de fabrication, obligatoire auparavant, et qui elle, est indiscutable. Elle permettrait au consommateur d’être au courant de ce qu’il mange, et de savoir combien de temps un produit se conserve.

Le plus efficace des coachings commence ici

Choississez votre objectif, suivez votre programme et obtenez des résultats.