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L’instant Menthéour : les aliments en berne

Bye-bye vitamines et minéraux

Certains me prêteront un discours alarmiste. J’émets pourtant un constat réaliste : la fonction de base de l’alimentation, qui est de répondre à nos besoins énergétiques et immunitaires, est mise en péril. Avec la généralisation des techniques d’agriculture intensive durant la deuxième moitié du XXème siècle, notre environnement nutritionnel a été bouleversé du tout au tout. Car si, depuis le XIXème siècle, les progrès de l’agriculture ont permis de sauver bien des vies, les dérives de la rentabilité à tout prix en ont pris bien d’autres.

Je constate que deux courbes se répondent en miroir. D’un côté la courbe de la productivité qui a explosé depuis 1950, et de l’autre la courbe de la qualité des aliments qui s’effondre sur la même période de temps. Avec une conséquence immédiate et très parlante : la pomme que vous croquez aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la pomme que croquaient vos parents ou grands-parents. Et ceci est valable pour des nombreux aliments. Prenons l’exemple d’une pêche : une pêche d’il y a cinquante ans correspond à environ 26 pêches d’aujourd’hui en ce qui concerne sa teneur en vitamine A. Glaçant.

En cause, l’industrialisation toujours plus poussée de l’agriculture, et le peu de scrupules sanitaires affichés par les grands groupes agro-alimentaires. Pour eux, l’intérêt est à réduire les risques sur les récoltes, les coûts de production, et les normes de contrôles. La santé du consommateur ? Pensez-vous donc…

Qualité nutritionnelle : la chute

Alex Jack, expert reconnu de la question, a effectué une étude d’une ampleur phénoménale, sur une période de 50 ans, afin de quantifier la perte de valeur des aliments. Le résultat est sans appel : le brocoli perd 63% de sa teneur en vitamine A, 56% en vitamine C. La pomme perd 57% de sa teneur en vitamines C et B 12. Le piment rouge a quant à lui perdu 50% de sa vitamine C. La pomme de terre a perdu 60% de fer et enfin, la tomate a perdu 55% de vitamine C.

Si j’ai pris ces exemples, c’est à dessein. Voilà des aliments du quotidien, que vous et moi consommons, pensant bien faire. Et nous faisons bien. Ou plutôt, du mieux que nous le pouvons. Mais alors, quelle est la cause de cette chute vertigineuse de la qualité des aliments ?

Au cours de mes travaux, afin de préparer mes interventions télévisées, j’ai visionné un documentaire que je considère capital. Quiconque veut se forger une opinion crédible de la situation agro-alimentaire actuelle doit visionner le documentaire Notre poison quotidien, de Marie-Monique Robin. Il met parfaitement en lumière l’une des causes du déclin alimentaire auquel nous assistons depuis plus d’un demi-siècle : l’utilisation en masse, peu voire pas contrôlée, des agents phytosanitaires. Comprenez des pesticides. Ceux-ci font d’aliments sains des aliments malsains, qui au lieu de renforcer notre système immunitaire l’affaiblissent. Et si les industriels répondent que la dose à laquelle nous sommes exposés est réglementaire, je vous rappelle que nous y sommes exposés de façon chronique, et non ponctuelles. D’autant plus que ledit documentaire montrait le caractère totalement aléatoire de l’élaboration des doses réglementaires.

Nos bons amis les pesticides

Les pesticides appauvrissent les sols, les assèchent en nutriments. La plante ne peut alors se nourrir correctement, et, au final, apporter à l’homme l’ensemble de ses vertus originelles. Ceci est couplé à une autre cause de l’appauvrissement des sols : le caractère intensif des cultures. Je m’explique. On plante aujourd’hui plus que de raison. Si bien qu’il n’y a tout simplement pas assez de nutriments disponibles dans le sol pour satisfaire toutes les plantes. À titre d’exemple, sachez qu’on plante en moyenne 30 000 graines de maïs par acre. Soit trois fois plus qu’en 1950. Troisième facteur combiné : le défaut d’enracinement des plantes. Car certes, ces dernières, avec force de produits chimiques, se renforcent. En revanche, en gagnant en taille, elles perdent en enracinement donc peuvent moins puiser dans un sol déjà appauvri. D’autant plus qu’en ayant une croissance rapide, elle aura moins le temps de fixer les micronutriments qu’elle parvient à récupérer.

Petits producteurs en danger

Si je m’éloigne quelque peu du champ lui-même, il existe d’autres considérations, à l’échelle mondiale, qui permettent de comprendre pourquoi la qualité des aliments est en chute libre. La mondialisation n’y est pas étrangère, bien entendu. Nos produits alimentaires viennent de plus en plus loin. Des cultures venues de l’autre bout du monde viennent parfois supplanter celles de nos producteurs locaux, qui n’ont pas les moyens de lutter contre les firmes multinationales. Ce qui aboutit parfois à des situations qui défient l’entendement.

Un documentaire diffusé sur France 2 m’avait particulièrement marqué. Il prenait l’exemple du jus d’orange. Le Brésil produit 80% du jus d’orange à l’échelle mondiale. Les cueilleurs sont souvent exploités, et ne bénéficient en aucun cas des mêmes sécurités de travail qu’en France. Une fois cueillie, l’orange devait traverser la mer, et cela par navire de commerce. Aussi, avant d’embarque, on pressait les oranges, puis on leur retirait toute l’eau. On obtenait alors une mélasse peut ragoutante. Celle-ci arrivée dans nos usines, nous y ajoutions de l’eau, mais pas seulement ! Car pendant le voyage, la « mélasse d’orange » avait perdu toute sa teneur en vitamine C. Aussi devions-nous ajouter à la mixture de la vitamine C de synthèse. Enfin, on apprenait que les jus une fois emballés, il fallait patienter jusqu’à 5 mois pour qu’ils se retrouvent sur les étals… Le temps de perdre une grande partie de leurs apports nutritionnels, surtout si l’emballage est en carton. Voilà un exemple parlant, qui interpelle.

Nous sommes donc suralimentés en quantité, et sous-alimentés en qualité. Le déséquilibre se traduit par l’augmentation de calories creuses. L’image est belle, et représente bien ces apports dont le corps n’a que faire, et ne sait d’ailleurs que faire. L’industrialisation de l’alimentation produit à foison de ces calories qui ne sont d’aucune utilité pour l’organisme. Dès lors ce dernier n’aura d’autres choix que de stocker la calorie en question. Ces apports inutiles peuvent également encrasser l’organisme, notamment au niveau des intestins. Or, je ne cesse de le répéter, tout se joue au niveau de cet organe. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle « le deuxième cerveau ». Son importance, notamment immunitaire, est à souligner. Or, plus on l’encrasse, plus on l’empêche de jouer son rôle. C’est la porte ouverte aux pathologies en tous genres.

Ce nouveau type de sous-alimentation a donc pour conséquence une baisse de la vigilance immunitaire de notre corps. Il n’est pas étonnant de constater la persistance de carences comme la carence en fer, en zinc, ou en iode. Celles-ci ont des effets au quotidien, dont la dépression, ou encore la fatigue chronique. Voilà des maux que nous connaissons tous, sans pour autant toujours faire le lien avec la baisse de la qualité des aliments. Mais alors, face à ces données, la seule question qui vaille est : sommes-nous tous condamnés ?

Non.

L’agriculture biologique comme seule solution

Je refuse le défaitisme, et entends porter un message d’espoir, de reprise en main de nos vies. Pas un message décliniste, énonçant les constats et fuyant les solutions. Car elles existent. Le bio en est une. Je sais la méfiance que ce concept implique chez nombre d’entre vous. Je le dis et l’assume : le bio n’est pas une mode, ni une lubie passagère. C’est une solution qu’il convient de démocratiser, afin non seulement de la rendre plus abordable, mais aussi de gagner les consciences. L’agriculture biologique présente de bien meilleures garanties que l’agriculture traditionnelle concernant la qualité nutritionnelle des aliments. Les dernières études sérieuses font état de 20 à 30% de minéraux et d’antioxydants dans les plantations bio. De quoi faire réfléchir. Une autre publication scientifique a attiré mon attention. Un consortium d’universités, dont la prestigieuse Harvard, a révélé que le réchauffement climatique allait encore aggraver le problème que je vous ai exposé dans cet article. Les chercheurs ont simulé les conditions climatiques de 2050. Résultat, la qualité du blé, du riz, du maïs, des pois, et du soja on vu leur teneur en zinc et en fer encore baisser.

Nous n’avons plus les moyens de remettre à demain les questions de baisse de la valeur nutritionnelle des aliments. C’est faire le lit du mal-être et de la mauvaise santé généralisée. Si l’espérance de vie augmente, l’espérance de vie en bonne santé baisse dans les grands pays industrialisés. Notre assiette est en situation d’urgence.

Réagissons !

Par Erwann Menthéour

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